Saint Gilles

Le culte de ce saint était très répandu dans toute l’Europe occidentale et les pèlerinages étaient très nombreux à l’abbaye de Saint-Gilles-du-Gard (près de Nîmes), où est toujours vénéré le tombeau du moine.

L’une des routes de Saint-Jacques de Compostelle porte le nom de « Route de Saint-Gilles » : depuis ce qui était, alors, un port dans l’embouchure du Rhône, on s’embarquait pour l’Espagne ainsi que pour Rome et Jérusalem. Vie de saint Gilles tombée dans l’oubli ? La plus ancienne « Vie de saint Gilles » que nous possédons date du Xème siècle, elle est l’œuvre des moines de l’abbaye tant visitée et honorée.

La très sérieuse « Vie des saints » publiée par les Bénédictins de l’abbaye de la Source à Paris conclut ainsi la notice le concernant : « Saint Gilles est vraisemblablement un moine ou un ermite du VIème siècle ou du VIIIème siècle, dont on ne savait plus rien quand le développement du monastère qui gardait ses reliques donna à son nom une renommée universelle.

On dit que Gilles (ou Aegidius) était né en Grèce (ou du moins dans une famille grecque) et qu’il vint se former à l’école spirituelle du célèbre saint Césaire d’Arles (mort en 542). Il s’installa ensuite dans une caverne sur les bords du Gard avec un autre ermite nommé Vérédème ; désirant une solitude encore plus grande, il se retira à l’embouchure du Rhône, dans un lieu où pullulaient les bêtes sauvages, une « baume ». Pour l’aider à y vivre, le Seigneur lui offrit une biche dont il pouvait boire le lait. Le roi des Goths, nommé Flavius, chassait dans cette forêt et il voulut prendre la biche ; mais elle trouva refuge près du saint derrière d’épais fourrés que les chasseurs ne pouvaient traverser : le roi accompagné de l’évêque tira pourtant une flèche qui atteignit la main de Gilles (ou la biche ?).

Devant le prodige le roi proposa beaucoup de cadeaux à l’ermite qui les refusa tous ; il accepta pourtant la construction d’une abbaye dont il deviendrait l’abbé. Cet épisode servit de base à toute une iconographie de saint Gilles : nous en avons un exemple dans le vitrail du transept droit de notre église, au sceau de la paroisse, et sur la bannière située à l’entrée du chœur.

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